Imaginez la scène. La battue se termine, tout le monde revient… sauf votre chienne. Le silence dans la forêt, le GPS qui clignote, un point fixe sous terre. Et peu à peu, la peur qui monte. C’est exactement ce qui est arrivé à Dabo, en Moselle, un dimanche de janvier. Une histoire qui fait froid dans le dos, mais qui se termine bien. Et qui pose aussi une vraie question : comment éviter que cela vous arrive un jour
Une partie de chasse qui tourne à l’angoisse
Ce dimanche 25 janvier, la chienne Tania participe à une battue de chasse sur la commune de Dabo. Rien d’exceptionnel. Terrain connu, animaux habitués, et un collier GPS bien fixé autour du cou.
À la fin de la journée, vers 16h30, tous les chiens reviennent. Sauf Tania. Son maître s’inquiète. Il regarde l’écran du GPS. Le signal est là, mais il ne bouge plus. Et surtout, il semble venir de plusieurs mètres sous terre.
À ce moment-là, il comprend que quelque chose ne va pas. Tania n’est pas juste en retard. Elle est probablement coincée dans un terrier de blaireau, loin de toute aide, fatiguée, peut-être blessée.
Le GPS, ce petit boîtier qui change tout
Sans le collier GPS, avouons-le, les chances de retrouver la chienne auraient été minces. La forêt est grande. Les terriers sont nombreux. Et un chien coincé ne peut plus aboyer très longtemps.
La balise GPS indique une position fixe, à la même place depuis un long moment. Et surtout, une profondeur estimée à plusieurs mètres. Une immobilité prolongée. Pas bon signe.
Le maître alerte alors les sapeurs-pompiers en fin d’après-midi. Ils se rendent sur place, guidés par la position GPS. Sans cela, ils auraient dû chercher à l’aveugle. Là, ils savent où creuser, où écouter, où concentrer leurs efforts.
Une caméra au bout d’un câble pour vérifier qu’elle est vivante
Arrivés sur place, les pompiers comprennent vite que l’intervention sera compliquée. Le terrier est profond. Étroit. Fragile. La chienne serait à environ quatre mètres sous terre. C’est énorme.
Pour ne pas creuser « pour rien », et surtout pour vérifier l’état de Tania, les secours utilisent une caméra endoscopique. Une petite caméra au bout d’un long câble qui peut se faufiler dans les galeries.
Sur les images, ils aperçoivent enfin la chienne. Au fond, dans le noir, ses yeux brillent dans la lumière. Elle ne bouge presque plus. Elle est vivante, mais épuisée. Le maître confiera plus tard qu’il avait alors « très peu d’espoir ».
Creuser, centimètre par centimètre, sans tout faire s’effondrer
L’opération devient alors une vraie course contre la montre. Il faut aller vite. Mais il ne faut pas faire n’importe quoi. Un mauvais coup de pelle et tout le terrier pourrait s’effondrer sur le chien.
Les pompiers décident de creuser à la main. Pas de gros engin. Pas de précipitation. Juste des gestes lents et précis. À chaque étape, ils vérifient la stabilité du sol, la forme du terrier, la position exacte de la chienne.
La configuration du terrain complique tout. Terre meuble, risque d’éboulement, accès limité. L’intervention va durer plusieurs heures. Dans ce genre de situation, chaque minute semble interminable pour le propriétaire qui attend au-dessus.
Plusieurs heures de stress… pour quelques secondes de bonheur
En début de soirée, après un long travail, les sapeurs-pompiers parviennent enfin à atteindre Tania. Ils dégagent doucement la terre autour d’elle. La chienne est extirpée du terrier. Elle respire. Elle bouge. Elle est en vie.
Fatiguée, tremblante, mais indemne. Elle est remise à son maître, extrêmement ému. Tout au long des heures, il a imaginé le pire. La fin est finalement heureuse. Il saluera d’ailleurs le professionnalisme, la patience et l’engagement des pompiers.
Cette image, un chien couvert de terre, contre son propriétaire soulagé, après autant d’efforts… elle marque. Et elle rappelle à quel point une simple journée de chasse peut basculer.
Pourquoi les chiens de chasse se coincent-ils dans les terriers ?
Si vous chassez, vous le savez. Certains chiens ont un instinct très fort. Ils suivent une piste, ils entrent dans une galerie, ils s’enfoncent. Et parfois, ils ne peuvent plus faire marche arrière.
Les terriers de blaireaux sont profonds, remplis de galeries, parfois étroits. Un chien peut se retrouver bloqué par un virage, un resserrement, ou un effondrement de terre derrière lui. Il panique, il s’épuise, il manque d’air.
Ajoutez à cela la fatigue de la journée, le stress, le manque de visibilité. Et l’on comprend vite pourquoi ce type d’accident arrive encore trop souvent. Cette histoire à Dabo n’est pas un cas isolé. Elle met juste la lumière sur un danger réel.
Comment limiter les risques pour votre chien de chasse
Vous ne pouvez pas tout contrôler. Mais vous pouvez réduire les risques. Cette histoire appuie sur plusieurs points importants pour la sécurité de votre chien.
- Équiper votre chien d’un collier GPS fiable, avec une bonne autonomie
- Vérifier le niveau de batterie avant chaque battue
- Connaître les zones à terriers sur votre territoire de chasse
- Observer si votre chien a tendance à s’engouffrer sous terre facilement
- Fixer une heure limite de retour, au-delà de laquelle vous commencez la recherche immédiatement
Beaucoup de propriétaires attendent « un peu plus » en pensant que le chien finira par revenir. Le problème, c’est que sous terre, le temps joue contre lui. Dans le cas de Tania, l’alerte a été donnée assez tôt. Cela a probablement sauvé sa vie.
Le rôle clé des secours et ce que vous pouvez préparer à l’avance
Lorsque la situation se complique, il ne faut pas hésiter à appeler les sapeurs-pompiers. Ils disposent de matériel adapté. Caméra, éclairage, moyens de creusement, techniques de sécurisation du terrain.
Mais vous pouvez aussi, en tant que chasseur ou propriétaire, vous préparer un minimum. Avoir sur vous un plan du secteur, connaître les chemins d’accès, pouvoir donner des repères clairs aux secours. Plus vous êtes précis, plus ils gagnent du temps.
Vous pouvez aussi réfléchir en amont à ces questions simples. Qui appeler en premier. Où se trouvent les points de rendez-vous faciles d’accès. Qui reste avec le véhicule, qui accompagne les secours. Ce sont des détails, mais dans l’urgence, ils comptent.
Une histoire qui finit bien… et qui peut servir de leçon
À Dabo, ce dimanche de janvier aurait pu se terminer par un drame. Au lieu de cela, grâce à un collier GPS, à la persévérance du maître et à l’intervention patiente des pompiers, Tania est remontée vivante de quatre mètres sous terre.
Cette histoire touche parce qu’elle parle de lien. Entre un homme et son chien. Entre des secours et un animal en détresse. Mais elle rappelle aussi une réalité parfois oubliée de la chasse. Le risque ne concerne pas que le gibier ou les humains. Il concerne aussi les chiens.
Si vous chassez avec des chiens, cette aventure peut être un vrai déclic. Vérifier votre matériel. Réfléchir à vos habitudes. Anticiper les imprévus. Pour que, le soir, quand vous rappelez votre chien dans la forêt, il revienne vers vous, queue qui remue, et non coincé sous vos pieds, invisible, dans le noir d’un terrier.






