Animaux de compagnie abandonnés au Moyen-Orient : la Fondation Bardot réagit, le ministère de l’Agriculture contre-attaque

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Des chiens laissés sur des parkings. Des chats abandonnés au pied d’immeubles, en plein désert ou aux frontières. Cette réalité, qui semble tout droit sortie d’un film, se déroule aujourd’hui au Moyen-Orient, et elle concerne des animaux de Français expatriés. Face à cette situation choquante, la Fondation Brigitte Bardot a tiré la sonnette d’alarme. Le ministère de l’Agriculture français vient de répondre. Mais concrètement, qu’est-ce que cela change pour vous, pour les animaux, et pour tous ceux qui refusent de les laisser derrière eux ?

Des animaux abandonnés en pleine guerre : que se passe-t-il au Moyen-Orient ?

Depuis le début des tensions et des combats au Proche et Moyen-Orient, de nombreux expatriés français quittent la région dans l’urgence. Ils fuient les explosions, les menaces, l’insécurité. Mais certains partent sans leurs compagnons à quatre pattes.

Des chiens et chats abandonnés restent ainsi sur place, parfois attachés, parfois laissés en liberté dans des lieux qu’ils ne connaissent pas. Ils ont toujours vécu dans un foyer. Du jour au lendemain, ils se retrouvent seuls, dans la rue ou dans le désert, exposés à la faim, aux maladies, aux accidents et aux violences.

Sur le terrain, des associations locales, comme « No Pet Left Behind » à Dubaï, tentent de récupérer ces animaux perdus. Mais elles sont vite débordées. Trop d’animaux, pas assez de moyens. Alors une question revient en boucle : pourquoi ces propriétaires décident-ils de les abandonner ?

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Pourquoi certains maîtres abandonnent-ils leurs animaux ?

La raison est souvent la même : l’impossibilité administrative d’emmener l’animal rapidement en France ou en Europe. En temps normal, pour faire entrer un chien ou un chat dans l’Union européenne, les règles sont strictes, surtout à cause du risque de rage.

Il faut notamment :

  • une vaccination antirabique à jour,
  • un titrage des anticorps antirabiques réalisé 30 jours après la vaccination,
  • puis un délai de 3 mois avant l’arrivée en France.

Autrement dit, en situation de guerre, avec une évacuation décidée en quelques jours, c’est quasiment impossible à respecter. Certains maîtres paniquent. Ils pensent qu’ils n’ont pas d’autre choix que de laisser leur animal. D’autres, plus cyniques, profitent du chaos pour s’en débarrasser.

Pour ne rien arranger, la Fondation Bardot dénonce le rôle de certains influenceurs qui auraient abandonné leur animal en public, donnant un exemple désastreux. À l’inverse, d’autres familles se battent, cherchent des solutions, confient leur chien ou leur chat à une personne de confiance ou à une association, quitte à le récupérer plus tard.

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La Fondation Bardot monte au front : un appel qui change tout

Face à l’ampleur des abandons, la Fondation Brigitte Bardot a décidé de réagir rapidement. Elle a interpellé les autorités françaises, en rappelant un précédent important : la guerre en Ukraine, en 2022.

À l’époque, un dispositif dérogatoire avait été mis en place pour permettre aux réfugiés ukrainiens d’arriver avec leurs animaux, même si tous les papiers n’étaient pas en règle. Résultat : des milliers de chiens et de chats n’ont pas été abandonnés sur les routes d’exil.

La Fondation a donc demandé la même chose pour les zones de conflit du Moyen-Orient : Liban, Jordanie, Israël, Qatar, Arabie Saoudite, Koweït, Bahreïn, et d’autres. Objectif clair : que plus aucun maître ne puisse dire « Je suis obligé de laisser mon animal, l’administration me bloque ».

La réponse du ministère de l’Agriculture : une dérogation jusqu’en 2026

Le message a été entendu. Le cabinet de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard et la Direction générale de l’alimentation (DGAL) ont annoncé une mesure exceptionnelle. Une véritable bouffée d’air pour tous ceux qui refusent d’abandonner leur compagnon.

Jusqu’au 30 avril 2026, un dispositif dérogatoire permet l’arrivée en France de chiens et chats qui accompagnent leurs propriétaires, même s’ils ne remplissent pas toutes les conditions sanitaires européennes habituelles.

Sont concernés les animaux venant de :

  • Syrie
  • Liban
  • Israël
  • Irak
  • Iran
  • Arabie Saoudite
  • Émirats Arabes Unis
  • Oman
  • Jordanie
  • Yémen
  • Palestine
  • Bahreïn
  • Qatar

Ce n’est donc pas seulement une petite adaptation. C’est un signal fort : la France accepte de s’adapter pour que des familles puissent fuir la guerre sans sacrifier leur animal.

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Quelles sont les conditions concrètes pour ramener son animal ?

Attention, cette dérogation ne veut pas dire « faites comme vous voulez ». Elle encadre simplement l’arrivée de ces animaux pour limiter les risques sanitaires, tout en restant humaine.

Le propriétaire doit :

  • accompagner physiquement son animal lors du retour en France,
  • désigner à l’avance un vétérinaire en France, qu’il s’engage à contacter dès son arrivée,
  • se déclarer auprès de la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) de son lieu de résidence.

Une fois en France, le vétérinaire vérifie l’état de l’animal, sa vaccination, et peut mettre en place des mesures complémentaires : rappel de vaccin, mise en quarantaine si besoin, identification, etc. L’idée est simple. Sauver des animaux sans mettre en danger la santé publique.

Et si vous êtes concerné ou que vous connaissez quelqu’un sur place ?

Si vous vivez au Moyen-Orient, ou si vous connaissez des Français sur place avec des animaux, cette information peut tout changer. Partir en évacuation est déjà un choc énorme. Savoir que votre chien ou votre chat peut vous accompagner réduit au moins une partie de l’angoisse.

Concrètement, il est fortement conseillé de :

  • garder à jour, autant que possible, la vaccination antirabique de l’animal,
  • préparer un dossier simplifié avec : passeport ou carnet de santé, photo de l’animal, coordonnées du propriétaire,
  • se renseigner avant le départ auprès des autorités consulaires françaises ou d’associations de protection animale locales.

En France, si vous voyez autour de vous des nouveaux arrivants avec des animaux de ces zones, un mot, un coup de main, un contact de vétérinaire peuvent vraiment faire la différence. Derrière chaque chien ou chat évacué, il y a souvent une famille épuisée, qui essaie juste de tout garder ensemble.

Un débat de fond : un animal est-il un membre de la famille ?

Derrière cette dérogation, il y a une question plus profonde. Un animal de compagnie, est-ce un objet que l’on laisse quand la situation devient compliquée, ou un être vivant que l’on protège jusqu’au bout ?

La Fondation Bardot, comme beaucoup d’autres associations, défend l’idée que l’animal fait pleinement partie de la famille. Abandonner son chien sur un parking ou son chat au pied d’un immeuble n’est pas un détail. C’est une rupture de confiance totale pour un être vivant qui dépend entièrement de l’humain.

Le fait que l’État français accepte d’assouplir ses règles sanitaires montre que cette vision progresse. On reconnaît, comme pour l’Ukraine, que les animaux comptent, même en temps de guerre. Mais cela pose aussi une exigence morale. Avec des solutions possibles, l’abandon n’est plus excusable.

Et maintenant : quelle place pour notre responsabilité collective ?

Cette mesure ne va pas sauver tous les animaux abandonnés au Moyen-Orient. Certains ne seront jamais retrouvés. D’autres mourront avant même d’avoir une chance d’être secourus. Cette réalité fait mal, mais elle existe.

En revanche, chaque décision comme celle-ci envoie un message clair : il est possible de mieux faire. De penser les plans d’évacuation en incluant les animaux. De soutenir ceux qui, comme « No Pet Left Behind » ou la Fondation Bardot, se battent sur le terrain. De ne plus fermer les yeux sur les abandons.

Alors, même depuis la France, chacun peut jouer un rôle. En relayant l’information à des expatriés, en soutenant les associations, en refusant de banaliser l’abandon. Parce qu’au fond, la manière dont nous traitons nos animaux en dit long sur la société que nous voulons construire.

Camille Roussel
Camille Roussel

Je suis veterinaire specialisee en medecine canine et feline, diplomee de l’ENVA avec plus de 12 ans d’exercice en clinique urbaine et rurale. J’ai travaille plusieurs annees en service d’urgences et en comportement animalier applique aux chiens et chats. Je collabore regulierement avec un refuge aviaire pour la prise en charge des oiseaux de compagnie. Mes domaines de predilection sont la prevention des maladies courantes, le bien-etre au quotidien et la vulgarisation des actualites veterinaires pour les proprietaires. J’ecris ici pour aider chacun a prendre des decisions eclairees pour la sante de ses animaux.

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